DOCUMENTAIRES ET REPORTAGES

Extrait du livre "Carnet de route"

 

Pour les médias du monde entier, Guantanamo est un camp de torture.
Pour les Cubains, c’est une charmante ville dans l’est de leur pays.

Une seule chose est sûre : Guantanamo est bien à Cuba !

produit par le Groupe COMTOWN©
Réalisateur : F. Rossander

Directrice de production : V. Daguerre
Cadreurs : Franck Rossander, Didier Neyrac
Régisseur :  Armando Oliveras
Ingénieur du son : Michel Caballero
Interprète : Bertha Fournier
Journaliste : Yvon Pellerin

 

Avec le concours de Mundo Latino Vidéo





Jamais auparavant, on n’avait imaginé poser la question à ceux qui l’habitent depuis toujours, à ceux qui vivent là-bas dans le vrai Guantanamo, celui de Cuba. Jamais on ne s’était intéressé à ces gens qui sont enfermés maintenant contre leur gré dans cette prison médiatique américaine. Pour le savoir, il faut partir sur le chemin qui conduit à Guantanamo Bay. Rouler sur la seule vraie route qui mène là-bas, celle qui part de La Havane et se termine sur cette ultime frontière de l’extrême-sud du pays, ce bout de paradis, devenu un enfer stratégique semé de chaque côté de puissants miradors épiant les moindres gestes de l’ennemi. Pour le vivre, il faut s’immiscer dans ce qui a fait de Guantanamo ce qu’il est devenu, le no man’s land le plus méconnu au monde.
Il est à peine neuf heures du matin et il fait déjà très chaud devant l’Hôtel National de La Havane alors que caméras et bagages s’empilent dans le van qui doit nous conduire là-bas. Cet immeuble luxueux avec ses décors des années

Un documentaire produit par l’Agence Comtown Productions • France

Certaines prisons sur la planète sont marquées par le destin. Un destin tragique. Les pires gestes y ont été perpétrés. Les plus éminents criminels y ont séjourné. Les plus grandes injustices y ont été parfois commises contre d’honnêtes citoyens, arbitrairement réprimés pour quelque raison politique, raciste, ethnique ou autre.


Certains de ces endroits sont très réels et contemporains. Aujourd’hui, dans l’opinion mondiale, ce n’est pas aux Etats-Unis qu’on s’acharne sur les prisonniers suspectés d’avoir causé la chute spectaculaire des deux tours jumelles de New York, non, c’est plutôt dans une prison de Cuba que ça se passe… et que ça continue de se passer en dépit des efforts pour la fermer d’un Barack Obama dépassé par la droite sur cette route poussiéreuse du vol d’image légalisé. Le camp de Guantanamo fera désormais autant de dégâts pour l’image des cubains en dehors de ses murs qu’en dedans.Ce documentaire de 90 minutes tente de donner une réponse à la question : comment les Cubains vivent-ils la présence de la base américaine, l’existence des tortures ?

Nous sommes partis de La Havane, capitale, pour parcourir les quelques 1000  kilomètres de route jusqu’au plus près de la base, dans la zone tampon interdite, celle où se trouvent deux villages, celle où leurs habitants sont doublement victimes de la présence américaine car il faut un laissez-passer pour y entrer et en sortir.



Après 50 ans de blocus économique imposé par les USA, les Cubains posent un regard bien surprenant sur la base américaine. Pour qui vient à Cuba avec des idées bien arrêtées, avec des certitudes dont bien souvent, là encore, les médias sont responsables, la surprise est de taille.

cinquante était le quartier général de la mafia américaine avant l’arrivée des barbudos de Fidel Castro en 59. A l’ombre des immenses palmiers plantés devant la mer d’émeraude, on y a décidé froidement, en sirotant un rhum glacé, assassinats et règlements de compte. Des sommes faramineuses provenant de commerces illicites négociés ici et sur le continent se sont échangées entre capos dans les salons feutrés du sous-sol qui servent maintenant de salles de réunions pour congressistes en goguette. Les Giancanna, Meyer Lanski, et autres Lucky Luciano y ont organisé des orgies pour leurs tueurs et leurs invitées. L’une d’elles est même restée célèbre ici, le rendez-vous des capos de Noël 1946, quand tous les grands chefs se sont enfermés là pour discuter en toute impunité de la partition du crime organisé en Amérique.
Ils sont tous partis fin 59, avec l’avènement de la révolution cubaine, les mafieux, enfuis fonder Las Vegas, Reno, infecter Miami de leurs trafics. 

Maintenant, à l’Hôtel National, on attend devant le car. Tout le monde est pressé, on se bouscule devant les limousines, les taxis, mais déjà la capitale s’en fout. Le soleil du matin évapore les embrouillaminis du départ. Les touristes défilent négligemment sur les places, s’agglutinant en grappes colorées, longeant les immeubles vétustes, grignotant un sandwich jambon-fromage cubano, sirotant un mohito ou une cerveza fraîche au bar de quelque gargote en plein air. Guantanamo? Ah oui, la base américaine! C’est là qu’on enferme les Talibans!
Qu’ils soient japonais, mexicains, uruguayens, italiens, français, québécois, au mot Guantanamo, ils allument tout de suite. Bien sûr c’est la prison . Point à la ligne. Certains ne savent même pas qu’elle est américaine. Ou comme cette américaine qui pense qu'elle est mixte, prisonniers cubains pour les américains, prisonniers américains pour les cubains!​​

Suite dans le livre accompagnant les DVD.